La créativité lexicale des grands modèles de langage : preuves issues de la suffixation
DOI :
https://doi.org/10.52846/5tnybg68Mots-clés :
créativité lexicale, suffixation, formation des mots, grands modèles de langage (LLMs), productivité morphologiqueRésumé
Dans cette étude, nous examinons la créativité lexicale des grands modèles de langage (Large Language Models, LLMs) à travers une analyse ciblée de la suffixation, un procédé de formation des mots en anglais à la fois très productif et largement décrit. À partir d’un ensemble de productions suffixées générées par 24 LLMs (Dinu et al. 2025a), l’étude opérationnalise la créativité lexicale au moyen d’un cadre d’évaluation transparent et théoriquement fondé, reposant sur la bonne formation morphologique, la productivité et l’interprétabilité sémantique. Plutôt que de considérer la créativité comme un construit psychologique ou de chercher à la mesurer directement, notre analyse adopte une approche à la fois descriptive et exploratoire, fondée sur des indices composites linguistiquement motivés. Les résultats montrent que les LLMs font preuve d’une forte compétence morphologique en suffixation, tandis que le comportement créatif varie selon le type de suffixe (-ish vs -able) et selon les modèles. La créativité apparaît plus nettement aux frontières de la productivité, où l’augmentation de la nouveauté s’accompagne souvent de phénomènes de surgénéralisation. Les résultats suggèrent que la créativité lexicale des LLMs consiste plutôt à explorer les limites des schémas de formation des mots existants qu’à produire des formes dépourvues de contraintes, et ils mettent en lumière la manière dont les systèmes linguistiques artificiels gèrent l’équilibre entre structure et innovation.